Coworking space, Hackerspace, Media Lab…qui fait quoi ?

Aug 09, 2010 No Comments by Alice

Medialab, hackerspaces, coworking spaces, who does what?
Translated in english below

Après une semaine de rencontres avec les fondateurs et membres des spaces -hacker, coworking, media lab, l’analyse du phénomène d’innovation via des organisations “bottom up”, me parait plus claire. De même, leur différence devient évidente, bien que ces espcaes partagent un ensemble de mêmes acteurs. Au premier regard, on pourrait simplement statuer que sur une échelle de valeur ‘industrielle”, évoluant de l’invention au produit :
- les hackerspaces sont au plus bas : espaces de pratiques libres, sans intention d’aller sur le marché ;
- les media Lab au milieu : espaces de réflexions et d’expérimentations délibérément tournés vers l’innovation sociale, artistique et technologique ;
- les coworking spaces au plus haut. : espaces de travail, en amont de la création d’une entreprise ou à son tout début .

Hackerspace Metalab                 Media Lab Kitchen                Coworking space The Hub

Pourtant, de l’expérience que nous avons eue, les hackerspaces sont les seuls à nous avoir montré des créations technologiques qui fonctionnent et à disposer de cas concrets de startups créées. A l’improviste, on débarque au Métalab, un membre nous accueille, nous fait gentiment visiter le lieu et tester toutes les bizarreries électroniques. A l’improviste également, on débarque à Kitchen (média lab à Budapest), mais aucune des installations qui habitent l’espace ne peut faire l’objet d’une démonstration. Naturellement, j’aurais tendance à prendre plus au sérieux Kitchen qui dispose d’un bel espace, aux bureaux étendus, avec une jeune équipe de gens branchés qui s’intéressent à l’art contemporain, à la programmation et aux nouveaux média, super cool, il y a même un chien qui dort. “Que du bla bla, quand tu essaies une de leurs “innovations”, une application Iphone par exemple, ça ne marche pas, ils ne savent pas finir les choses proprement” me raconte l’un des organisateurs du New Tech Meetup, un événement mensuel qui rassemble la communauté des startups à Budapest. “Nous ne prototypons pas vraiment mais faisons des proof of concept“, me confie un membre de Kitchen.

OK, donc mon placement sur l’échelle “industrielle” est faux. Kitchen est un Lab, comme le Future Lab d’Arselectronica, ils développent des choses qui ne vont jamais sur le marché mais servent à la grande boite qui les finance, sorte de gage d’une image de communication innovante, cutting edge, transdisciplinaire, cross everything…Des choses montrables une fois, documentées sur le web, présentées lors des grandes messes manageriales internes. De leur côté, ces grandes boites continuent “d’innover” à l’ancienne, par le marketing, par les réductions de coûts, par la présentation packaging et rien de disruptif, rien de risqué, rien d’innovant -réellement, pour le consommateur, n’en sort.
Ces Labs seraient-ils alors le future de l’agence de communication ? Un laboratoire d’idées aspirationnelles et de créations d’objets originaux, culturels, qui questionnent notre environnement technologique et sociétale, qui bénéficie en terme d ‘image au bienfaiteur : la grande entreprise qui finance le tout. Je caricature volontairement.
Les “Labs” entendent diffuser une vision inspirante via l’art et la technologie, pour cela, ils se structurent en association (de type loi 1901) et affirment agir pour “impulser” une culture de l’innovation ; ils comptent souvent également une structure commerciale pour répondre à des commandes. Pour impulser une culture de l’innovation, la logique voudrait qu’ils s’adressent aux commun des mortels, aux consommateurs, aux populations locales, scolaire, en difficulté…et bien non !
“On s’adresse à une communauté internationale” m’explique un représentant de Kitchen. Ah oui, veut-il dire la communauté des 5 000 aficionados du croisement de l’art et de la technologie,  déjà bien au courant des mutations que nos sociétés occidentales sont en train de vivre ? Prétendre impacter notre relation à l’innovation passe par des efforts considérables en terme d’actions de démonstration et création autour des technologies. Le rôle attendu d’un média lab serait, me semble-t-il de manier habilement 2 métiers totalement liés : la recherche et développement et l’ouverture à l’expérimentation par les utilisateurs locaux. Chose que le Média Lab Del prado (que nous n’avons pas visité) remplit.

Qu’en est-il des coworking spaces? Nous avons visité Loffice, Colabs et The Hub Vienna. La responsabilisation est maître mot : chaque membre paie un abonnement mensuel et détient une clef, il est en charge du lieu. Colabs, compte une 20taine de membres récurrents, web designers et programmeurs en majorité, entre 25 et 30 ans, freelances et entrepreneurs à la fois. Loffice réunit des entrepreneurs plus matures, capables de payer le double de Colabs (soit 200 euros par mois), ayant besoin surtout d’un bureau et d’un espace agréable pour travailler. The Hub Vienna est encore trop jeune pour avoir fait ses preuves. Néanmoins, Mathias, l’un de ses fondateurs se montre attentif quant à la communauté présente qu’il sélectionne selon des critères simples : le Hub pourra-t-il répondre aux besoins du demandeur? Le demandeur va-t-il apporter quelque chose au Hub? Il a dores et déjà rassemblé plus de 60 personnes pour participer aux travaux, un exemple de collaboration très réussie. A l’issue de ces rencontres, je repars légèrement déçue : l’émulation et l’énergie ne sont pas là. En même temps, nous sommes en plein mois d’août à Vienne et à 1000 KM, à Paris, La Cantine est fermée…
Tiens, La Cantine, je réalise que ce n’est pas un coworking space dans le sens où  les coworkers n’ont pas de clef et ne sont donc pas responsabilisés vis-à-vis de l’entretien du lieu, c’est bien dommage car cela fait naître un esprit de goupe. En revanche, aucun des lieux visités ne facilitent le croisement par autant d’événements aux communautés web environnantes. Le mixte entre lieu de croisement et lieu de travail reste à améliorer dans tous les cas.

Sur ce, je vous laisse, il y a la Biennale d’art de Berlin qui m’attend, dans un bon vieux traditionnel space : le Musée. Aller à plus.

After a week of meeting with founders and members of the space-hacker, coworking and mediaqlab, the analysis of the innovation phenomena via “bottom up” organisations seems clearer. As do their differences, even though these spaces share the same actors. At first glance, we could simply say that on the industrial value ladder, going from creation to product:

-hackerspaces are the lowest: spaces of free practise without any intentions to market;
-medialabs are in the middle: thinking and experimenting spaces turned towards social, artistic and technologic innovation;
-coworking spaces are the highest: working spaces coming in before the creation of a business or at its earliest stage.

But from our experience, the hackerspaces are the only places where we saw working technological creations and had concrete cases of created start ups.  Out of the blue, we turned up at Metalab. A member welcomed us, nicely showed us around and let us test all the weird electronic gadgets. Out of the blue, again, we turned up at kitchen (Budapest’s medialab) but none of the installations around could be demonstrated.
Naturally, I would rather trust Kitchen, with its beautiful space, its spacious, clean offices, its team of trendy youngsters who love contemporary art, programming and new medias. So cool, there’s even a sleeping dog.
“It’s only blah blah. When you try one of their “innovations”, an Iphone application for example, it doesn’t work; they don’t know how to finish things properly.” Says one of the organiser of New Tech Meeytup, a monthly event getting Budapest’ start ups community together.
“We don’t really prototype but we concept proof” confesses a Kitchen’s member.

Right, so my industrial ladder’s placing was wrong. Kitchen is a lab, as is the Ars Electronica’s FutureLab for example. They develop things which will never be on the market but serve interests to the big company investing in them: interesting communication images, cutting edge, across subjects, cross everything… things you can show once, document on the internet, present during big internal managers’ meetings.
On the other side of the coin, these big companies keep on innovating the old way: marketing, cost reduction, packaging; nothing disturbing, nothing risky, nothing new.

Are these labs, in fact, nothing else than the super powerful advertising agencies? A laboratory of inspirational ideas and of creation of new, cultural objects questioning our social and technological environment, benefiting to the benefactor’s image: the big company financing everything. I am consciously caricaturing.

Labs want to give out an inspirational vision through art and technology; they structure themselves as associations (type 1901 law) and maintain they are acting to impulse a culture of innovation. They also usually have a business structure to answer the commissions.
To impulse a culture of innovation, logically speaking, you would target the everyday people, the consumers, the local population, the schools in difficulty… well, no! “We are addressing an international community” explains a someone from Kitchen. Yes, what he means is the 5000 strong community of the art and technology cross aficionados.
Those who already know pretty well about the mutations our western society is going through?
To pretend having an impact on our relationship to innovation involves a huge amount in terms of demonstration and creation around technologies. The role expected from a medialab would be, I think, to skilfully merge two already linked jobs: research, development and the opening to experimentation for the local users. This is what the medialab Del Prado seems to do (but we have not visited it).

What about the coworking spaces? We visited Loffice, Colabs and The Hub Vienna.
Responsibility is key: each member pays a monthly subscription and has a key, he is in charge of the space. Colabs has around 20 core members, mainly web designers and programmers, between 25 and 30 years old, both freelance and entrepreneurs. Loffice is mainly subscribed to by older entrepreneurs, able to afford the double of Colabs (or 200€ a month) and in need of an office or a nice place to work in. The Hub Vienna is still too young to have proved itself worthy. But Mathias, one of the founders is careful about the people he chooses according to simple criteria’s: can The Hub deliver what the community needs? Will the people add something to The Hub? He already has more than 60 people to help build up the space, an example of good collaboration.

At the end of these meetings, I am leaving slightly disappointed: the emulation and energy is lacking. But at the same time, we are in the middle of august in Vienna and in Paris, 1000 kms from here, La Cantine is closed… by the way, La Cantine, I realise it isn’t a coworking space as none of the coworkers have a key or are responsible for the maintenance of the space. It is a shame as it binds the community. On the other side, none of the visited spaces facilitate the crossing by so many events for the web communities around.

Budapest - HSPBP, Europe Creative, Loffice & Kitchen, Vienna - Metalab & The Hub

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